L’homme que vous voyez sur ces images s’appelle Porfirio Ramirez et il joue sa propre histoire. Paralysé par un tir de la police, il a essayé en vain d’obtenir réparation avant de passer à l’action. Filmé par Alejandro Landes Echeverria, Porfirio Ramirez a refait en fiction tout le chemin qu’il avait fait dans la réalité. J’aurais aimé le rencontrer, mais il est sous le coup d’une demande d’extradition des Etats-Unis, et n’a pas fait le voyage.
Au Sud du Rio Bravo, les chocs entre cinéma et réalité sont toujours violents. Geraldo Naranjo, le réalisateur de Miss Bala, tragédie pour miss et chef de cartel, m’a raconté le moment qui l’a le plus marqué d’un tournage difficile dans la région de Tijuana, à la frontière avec les Etats-Unis, point d’incandescence de la lutte entre cartels et forces de l’ordre (sans qu’il soit vraiment possible de distinguer les uns des autres). “Nous avons tourné la séquence dans la station service, quand les membres du cartel sortent des armes de guerre d’un camion. Nous avions caché la caméra, si bien que les passants ne pouvaient pas savoir qu’il s’agissait d’un film. Personne n’a réagi, les Mexicains trouvent normal de voir des hommes en armes où qu’ils aillent”.
Extrait du blog de Thomas Sotinel
http://sotinel.blog.lemonde.fr/
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